Musée de Sartène

MUSEE DEPARTEMENTAL DE PREHISTOIRE CORSE ET D’ARCHEOLOGIE DE SARTENE

Le musée

Dolmens, menhirs, alignements et grands ensembles architecturaux ont attiré en Corse depuis près de deux siècles d’illustres visiteurs à la suite de Prosper MERIMEE.

Si la commune de Sartène, une des plus vastes de France avec ses 22 000 hectares et 33 kilomètres de côtes, a pour principal attrait le tourisme, les visiteurs sont nombreux à vouloir s’imprégner de l’inestimable valeur de l’histoire de notre île, forgée depuis plus de dix millénaires par le labeur, les craintes et les espoirs de ses habitants.

La valeur de ce Patrimoine, héritage légué par nos ancêtres, peut nous aider à mieux comprendre le passé et donc, peut-être, à mieux préparer l’avenir.
C’est pour cela que les chercheurs d’hier et d’aujourd’hui accueillent les visiteurs et leur ouvrent les portes des collections qu’ils ont rassemblées.

Historique

L’ancien musée

Installé dans un bâtiment communal, ancienne maison d’arrêt de la ville et du sud de la Corse (1843-1945), cette structure, entièrement réhabilitée, a été d’abord un dépôt de fouilles municipal créé en 1969 à partir des collections issues des fouilles de l’archéologue Roger Grosjean. En 1977, il a été érigé en musée départemental contrôlé, passant ainsi sous la tutelle scientifique de la Direction des musées de France.

Si cette bâtisse présentait incontestablement une certaine allure, sa superficie totale n’excédait pas 640 m² et ne correspondait plus aux normes de la muséographie d’aujourd’hui.

La superficie insuffisante des salles d’expositions permanentes, des locaux administratifs peu fonctionnels et l’absence d’espaces spécialisés (ateliers scolaires, salle de conférence, accès pour handicapés…) ont donc nécessité la construction d’un bâtiment plus vaste, accolé et communiquant avec l’ancien musée.

Le nouveau musée

Les architectes du projet de l’extension, messieurs Yves Marchi ; Joseph Frassanito et Maurice Padovani (muséographie) ont adopté un pari architectural qui assume des images fortes, à priori contradictoires : celle du coffre fort conservant les richesses du passé et celle d’une transparence nécessaire pour un équipement public dont l’enveloppe doit inciter à la visite.

Quant à la lumière naturelle, elle est un acte majeur de la mise en scène voulue par les espaces ainsi créés. La luminosité est intense dans les lieux d’accueil et d’animation temporaire, alors que les collections sont nimbées de moins d’éclat direct, bénéficiant d’une lumière naturelle filtrée en second jour.

Le Conseil Général de la Corse du sud a été le maître d’ouvrage de ce projet qui a bénéficié également de crédits de l’Etat, de la Collectivité Territoriale de Corse et de fonds européens.

D’une superficie d’un peu plus de 1400 m², il comprend trois niveaux :

- Le hall d’accueil avec la banque d’accueil, des ateliers scolaires avec vestiaires et placards de rangement, un local technique et le stock boutique. Des ouvertures permettent d’accéder à une loggia d’où l’on a une très belle vue sur la ville de Sartène et le golfe du Valinco.

- Le niveau intermédiaire. Il regroupe les salles d’expositions permanentes et les locaux administratifs (bureaux, centre de documentation et local archives).

- Le rez de jardin. Il comporte une salle des statues menhirs (ouverture début 2011), une salle d’expositions temporaires avec une esplanade de 200 m², un espace de projection conférence et une salle de présentation de l’archéologie sous marine (mur d’amphores).

Facteur d’identité, de cohésion sociale et de communication, le musée départemental de préhistoire corse et d’archéologie de Sartène contribue aujourd’hui au développement culturel du territoire où il se trouve.

L’ancien musée de Sartène, installé dans un bâtiment du XIXème siècle a donc laissé la place à une nouvelle structure du XXIème siècle dont l’ouverture a eu lieu le 16 mai 2009, lors de la cinquième nuit des musées.
Ainsi a été crée dans le sud de l’île un véritable complexe culturel basé sur le thème de l’Histoire et de l’archéologie, permettant à la région de Sartène, mais aussi à la Corse toute entière, de participer plus étroitement à l’activité scientifique du monde méditerranéen.

Le parcours muséographique – les collections

Les salles d’expositions permanentes sont au nombre de trois, reliées entre elles par un sas annonçant la période suivante.

Les collections sont présentées sur un linéaire d’une soixantaine de mètres auxquelles il convient d’ajouter cinq vitrines centrales sur socle et cinq vitrines ilots.

Les collections présentées illustrent l’occupation humaine de la Corse depuis le début du IXème millénaire avant JC jusqu’à la fin de l’âge du fer (environ IVème siècle avant notre ère).

Au début du parcours, une vitrine présente la faune insulaire du pléistocène moyen (350000 ans avant JC). On y trouve également une évocation de l’Antiquité classique, de la période médiévale et des fouilles archéologiques sous marines.

Nécessairement évolutive, la présentation des collections suit un ordre chronologique et thématique. Elle complète ainsi les grands sites archéologiques de l’île par une présentation didactique des fouilles.

Au musée de Sartène, la qualité et le nombre d’objets permettent à la muséographie  d’avoir, comme expression essentielle, l’exposition de ces objets dans les vitrines.

Mais il est aussi indispensable, autant que faire se peut, dans la présentation, de replacer les objets dans leur contexte, et de donner ainsi au public toutes les informations nécessaires à une meilleure compréhension. Ceci est le gage d’une visite instructive et appréciée.

Salle 1 : premiers peuplements animaux et humains

- Les premiers peuplements animaux

Présentation de la faune du pléistocène moyen (350000 ans avant JC) avec des espèces aujourd’hui disparues et d’autres encore présentes.

- Les premiers peuplements humains : le mésolithique

C’est une étape du premier peuplement de l’ile qui oscille entre le IX° millénaire et le VII° millénaire avant notre ère.
L’outillage est frustre et exclusivement élaboré à partir de roches locales (quartz ou rhyolite). La parure se compose de boulettes d’ocre et de coquillages percés.

- Le néolithique ancien (6000/4800 avant J.C.)

C’est un stade d’évolution qui voit apparaître et se développer les premières sociétés pastorales et agricoles, avec l’invention de la céramique, souvent décorée au coquillage (cardium). C’est aussi l’importation de roches (silex et obsidienne) depuis la Sardaigne.

- Le néolithique moyen (4800-3500 avant JC)

Dans le courant du V° millénaire avant JC, une culture originale dénote des contacts avec la proche Sardaigne et le midi de la France.
On y trouve une importante industrie lithique et la céramique, caractéristique, présente des vases fins, bruns, soigneusement polis.

-    Le néolithique final (3500-2800 avant JC)

On assiste à une sédentarisation des populations et au développement de l’agriculture. Le travail de la pierre (pointes de flèches, vases, meules, haches…) devient plus important. La multiplication des objets de parures (perles, pendentifs, bracelets…) est évidente et la généralisation de l’obsidienne révèle l’intensité des relations avec la Sardaigne.

Salle 2 : La métallurgie

- L’âge du cuivre (2800-2000 avant JC)

Longtemps méconnue, cette période d’abord identifiée dans la région d’Aléria (Terrina), a été reconnue par la suite dans toute l’île.
Nombreuses pointes de flèches en rhyolite, haches polies, vases miniatures et parures (colliers).

- La société insulaire à l’âge du bronze – Le début du mégalithisme

Cette période, comprise entre le début du IIème millénaire et le début du Ier millénaire avant JC, connait de grands changements liés à l’utilisation d’un nouveau métal, le bronze, dont l’une des composantes, l’étain, sera à l’origine d’échanges à longues distances en Méditerranée.

- Le bronze ancien (2000-1400 avant JC)

Dans les habitats, le matériel lithique (meules, molettes, pointes de flèches…) est abondant. On note la présence de grosses jarres pour stocker les aliments. Les tombes sont souvent aménagées dans des rochers creusés par l’érosion (Taffoni).

- Le bronze moyen et récent (1400-700 avant JC)

L’aménagement de chaos rocheux, la construction de villages aux puissantes murailles sur des axes de parcours, témoignent d’une nouvelle gestion nouvelle des territoires. L’armement devient plus important : présence de creuset, de moules, de haches…

Salle 3 : De l’âge du fer au Moyen-âge

- L’âge du fer insulaire (700-300 avant JC)

La quantité d’objets en bronze et la qualité de certaines pièces découvertes dans les tombes (surtout en Haute corse) témoignent de l’existence de relations commerciales soutenues avec l’Italie péninsulaire. Nombreux vases culinaires et funéraires, objets et bijoux en bronze ou en or, fibules, torques, bracelets, pendentifs, perles …

- La Corse du sud durant l’Antiquité

La romanisation de l’île, d’abord concentrée sur les côtes, se poursuit vers l’intérieur.
Présentation de vases, assiettes, gobelets, monnaies…

- La Corse du sud au Moyen-âge

Vie quotidienne et demeures fortifiées, échanges et commerce, activités militaires.
Céramiques fines d’importation (Italie, Espagne, France), petits objets à caractères décoratif, carreaux d’arbalètes, boulets de bombarde, bagues, monnaies...

La salle des statues menhirs (ouverture au public debut 2011)

La présence de cette salle répond à un double objectif. D’une part, la centaine de statues menhirs, actuellement recensées en Corse, constitue la partie la plus originale et la plus spectaculaire du patrimoine préhistorique de l’île. D’autre part, la mise à l’abri de certains d’entres elles, permettront de les sauver d’une dégradation inéluctable, due aux agents naturels (facteurs climatiques, thermiques…).

La statuaire insulaire sera présentée en fin de parcours dans une mise en scène qui doit convaincre le visiteur de la qualité et de l’importance de l’art mégalithique propre à la Corse. La douzaine de statues menhirs présentées au public offriront un éventail typologique et chronologique de la statuaire monumentale insulaire.

Le centre de documentation

Il représente un instrument de recherche de premier ordre et est accessible aux chercheurs, aux étudiants et à toute personne qui en aura fait la demande.

Il regroupe :

•    Un fond de périodiques, essentiellement des revues scientifiques, des catalogues concernant la Corse (BSSHNC, Etudes Corses…), mais également la France continentale et le bassin méditerranéen (bulletins de la SFP).
•    De nombreux ouvrages, monographies micro régionales, articles anciens, coupures de presse, travaux universitaires traitant essentiellement de la Corse.
•    Des encyclopédies sur les civilisations, des ouvrages généraux sur les diverses périodes de la préhistoire mais aussi l’antiquité classique et le moyen-âge. S’y ajoute un important fonds d’ouvrages spécialisés relatif aux diverses civilisations du monde.
•    Des ouvrages techniques relatifs à la muséologie, la muséographie, des catalogues, des guides, des inventaires, des projets muséographiques, des publications périodiques des musées.

La salle de lecture offre une capacité d’une vingtaine de places avec un photocopieur et un poste informatique pour consultation de la base de données bibliographiques.

Et de façon traditionnelle, mais non moins utile, le centre de documentation répond aux demandes de recherches exprimées par téléphone, courrier, fax, e-mail…..

Salle de projection conférence

Le musée est un lieu de rencontre où doivent se tenir des colloques et des conférences en rapport avec la thématique des collections ou l’histoire des civilisations qui se sont succédées, bien évidemment sur l’île mais aussi dans toute la méditerranée.

D’une capacité d’une cinquantaine de places et comprenant un local régie attenant, cette salle de projection conférence permet d’organiser des séminaires et autres colloques scientifiques dont l’archéologie et l’histoire sont les thèmes majeurs.

Revue de presse